Qui est-il ?

Originaire de Mantes la Jolie, Fafah connu son premier choc graphique à la lecture d’un manga de Yukito KISHIRO. Le côté lumière et ombre des personnages, la précision du moindre élément de décor ou de l’histoire campent le récit dans une profondeur réaliste et complexe qui impressionne le jeune ado de 12 ans et lui donne le goût du dessin. Il cultivera celui-ci via des études à l’Ecole des Gobelins à Paris, spécialité dessin d’animation 2D et 3D.

Que fait-il ?

Si l’essentiel de son expérience professionnelle se situe dans la production de séries d’animation, c’est à un poste qui emprunte à la BD ses cases et ses indications imagées.

Son équipe de story board est en effet chargée de mettre en images le scénario pour préparer la réalisation finale des dessinateurs d’animation. Le story boarder propose les plans successifs qui raconteront l’histoire, avec les choix de cadrages, de mise en scène, les entrées de champ, les mouvements des personnages, les effets visuels. La proposition est mise en forme à partir des esquisses produites par les équipes chargées des personnages, des accessoires et des décors, auxquelles le boarder ajoute des flèches et autres indications codifiées. Les descriptions sont très souvent en anglais, dont la précision des prépositions et la plasticité font merveille. ‘’Zip in’’ entrée de champ rapide, ‘’cam shake’’ effet de tremblement à l’image, ‘’fx’’ effets spéciaux, sont internationalement utilisés, particulièrement dans la série d’animation organisée comme une véritable chaîne de production industrielle, fréquemment partiellement sous-traitée.

Car ce sont des équipes entières qui œuvrent sur chaque étape de la production, morcelée en tâches hyper spécialisées. Après le scénario comprenant intrigue et dialogue, les concepts des éléments à représenter sont proposés par une équipe. Les dessins ‘’au trait’’ des personnages/ décors/ accessoires sont ensuite réalisés par 3 nouvelles équipes distinctes. Le story board donne une première forme du récit. Le monteur ou la monteuse fixe ensuite la durée de chaque plan et cale les dialogues. Les plans sont alors repris par les équipes de dessinateurs, qui réalisent ‘’au trait’’ les personnages et leur déclinaison pour chaque scène, les décors/ accessoires depuis les points de vue nécessaires. La coloration est assurée par une équipe encore souvent féminine. L’intégration numérique de tous les éléments sur l’image est le travail de l’opérateur-compositing. Les couleurs sont étalonnées et uniformisées, les effets spéciaux sont ajoutés. Suite à quoi le monteur ou la monteuse refait une passe de synchronisation et de traitement de l’animation dans son ensemble.

Depuis les premiers classiques de Walt Disney dessinés image par image, les techniques ont évolué vers toujours plus d’économie de dessins. Avec une réutilisation de mouvements, chorégraphies et plans de séquences par Disney, puis les mille astuces des japonais qui ont véritablement mis en place une technique de production industrielle, sous l’impulsion de Mushi Production dans les années 60. Tout est bon pour réduire le nombre de dessins : la tolérance de mouvements plus saccadés, les zooms et balayages sur les dessins, l’utilisation de fonds uniformes dans les suggestions de mouvement, le découpage de l’image en morceaux pour isoler les parties qui bougent. La numérisation transforme à nouveau les usages et relègue au musée les planches papier et leur superposition du calque couleur. Dans les années 2000, les manipulations informatiques permettent de transformer les dessins, d’en extraire certaines parties, de produire automatiquement les dessins intermédiaires entre deux positions. La souris règne plus que jamais sur l’animation.

Fafah a travaillé auprès de Sip Animation en région parisienne, puis d’Ankama à Roubaix et enfin pour MadLab. Riche de 15 années d’expérience, Fafah est actuellement chef boarder sur la série d’animation Abraca, dont 26 épisodes ont été commandés à sa société par la chaine de télévision France 4. Il coordonne, corrige et valide une équipe de 6 boardeur-se-s, et est l’interlocuteur des réalisateurs et de la production. Il a parallèlement enseigné dans une école post bac de communication visuelle sur Lille. Son crayon le démange régulièrement et il consacre ses heures perdues à de petites réalisations mises en ligne ou non. Il a également fait une incursion dans le monde de la BD en association avec le scénariste Arnaud ARMAND, et a publié ‘’L’héritage’’, premier tome de la série ‘’Nini’’. Il a en tête de nouveaux projets de BD, et serait tenté par le jeu vidéo.

 

Et pourquoi L’Usine Vivante ?

Il vient de passer du statut de salarié à travailleur indépendant sous contrat, pour la société MadLab Animation, située à Roubaix. Il en a profité pour négocier une collaboration en télétravail, et se rapprocher du soleil avec toute sa petite famille, puisque sa compagne travaille également via le web.
Le choix de la Drôme s’est imposé naturellement en raison de personnes de la famille habitant sur Valence.

L’Usine Vivante, c’est via sa recherche d’espaces de co-working sur internet qu’il l’a découvert. Fafah est résident depuis septembre 2017, et apprécie de cohabiter avec de nombreuses personnes du coin, gage de liens et d’amitiés à venir. Il espère bien sortir la tête de son ordi de temps en temps pour découvrir et profiter de la région, avec toute sa petite famille.

Contact

Fafah TOGORA, auteur, animateur-boarder indépendant
togora.fafah@gmail.com
https://amadoutogola.deviantart.com/